lundi 29 septembre 2008

Les creuvages à l'anis...

Les leurres souples, c'est pas mon truc. La preuve, j'ai jamais rien pris avec les Jerkin' Minnows.
Dommage, chez mon dealer, c'est le plus beau rayon. Je m'y attarde à chaque visite. C'est comme un pélerinage vers l'enfance, quand on se pointait le jeudi devant le présentoir Haribo du tabac du coin, avec nos deux francs cinquante.
Et c'est là, au milieu des bonbons pour poissons, que j'ai remarqué les moins remarquables, six espèces de petits navets à moitié rapés, baignant dans du gros sel, dans un emballage transparent et minimaliste. Le genre que je me serai plutôt attendu à trouver au stand du commerce équitable sur un marché bio. Sur le sachet seulement ces trois mots : Gary Yamamoto Custom Baits.
J'ai dit à mon pote Kevin que je sentais que cette simplicité m'ouvrait les portes d'un nouvel univers, celui de la pêche zen. Lui, il m'a répondu qu'il sentait que j'étais le genre de pigeon ciblé par ce concept de merchandising. C'est pas un poète, le Kevin.
J'amène le sachet à la caisse et je demande comment ça marche, ça. Le vendeur me répond : le tube, c'est un leurre très technique. Avec une façon un peu inquiètante d'insister sur le "tech". D'un autre côté, j'aurais pas été plus rassuré s'il avait insisté sur le "nique".
Une demi-heure plus tard, je suis au bord de l'eau, un peu en amont de la micro-centrale à Koenigsmacker. Oui, c'est en France.
Je sors un tube, je le faire rouler entre mes doigts. J'admire sa texture et sa teinte. Watermelon, j'adore, vraiment. Maintenant j'achète même mes préservatifs de cette couleur.
Je le monte en texan weightless. Le tube, pas le préservatif, mais ma parole tu comprends rien !
Et je pêche, zen. Sur un petit quai qui surplombe la Moselle, je ratisse en éventail, puis je bouge de 5 mètres et ainsi de suite, jusqu'aux deux saules espacés d'un mètre cinquante. Entre les arbres, je me sens à l'étroit pour lancer et je m'aperçois que, sans doute trop sécurisé par le montage texan, je n'ai même pas observé la nage de mon leurre.
Donc, je secoue mon tube dans l'eau juste devant moi, au bord du quai. Non ! Là tu fais exprès de pas comprendre !
Et je le regarde onduler et agiter ses franges.
On a tous sursauté. Moi le premier, puis la canne, ensuite le tube et pour finir un 60+ (à vue d'œil) qui remontait pour le happer.
J'ai pas d'excuse, tout le monde sait, même moi, qu'on-pros-pec-te-d'a-bord-à-ses-pieds. Mais combien de fois, je dois te le répéter ?
Le tube au sel me semblait prometteur et j'ai cherché des informations pour savoir comment l'animer. J'ai posé la question à un bloggeur qui pêche avec ce type de leurre et un bon esprit. Ben, c'est son nom, m'a répondu que c'était une imitation d'écrevisse et que je devais l'animer comme telle. Tu as déjà vu nager une écrevisse ?
Je l'ai remercié du tuyau mais j'ai pas osé avouer que je n'ai jamais vu nager une écrevisse. J'ai rien dit pour les Jerkin Minnows non plus.
De toute façon, avec internet, c'est trop facile.
Et dans Google j'ai tapé : écrevisse + nage.

vendredi 26 septembre 2008

Leurre de la vengeance...

Personne au bord de l'eau ce soir. J'en profite lâchement pour balancer un poisson ondulant de plus de 9 cm. Au deuxième lancer, c'est l'attaque !
Wouhaou ! Mon premier poisson au leurre ! Le gros remous, la chataîgne dans le poignet, la canne qui plie. Et le monstre qui se débat. Exactement comme sur le DVD.
J'essaie de garder mon sang froid malgré l'adrénaline et je ramène ma prise en assurant au mieux mes gestes. Au cas où y'aurait un caméraman du National Geographic sur la berge.
C'est un bel aspe bien nerveux. J'ai du mal à l'attraper par les ouïes et pendant que je le manipule, d'un coup de rein bien placé, il explose l'agrafe et se dégage. Il me regarde en rigolant pendant 10 secondes puis il file chez son dentiste avec mon leurre préféré, un Hamakuru bone.
Quinze euros à la flotte,une victoire non homologuée, ce soir la Moselle a des reflets de Bérézina.
Personne ne va me croire. Je les entends déjà. Et comme ça, il s'est décroché, ton poisson ?
T'as déjà essayé, toi, de photographier avec une main le poisson que tu tiens dans l'autre ?
Avec un téléphone ?

mardi 9 septembre 2008

Technique : le choix des poissons nageurs

Au début, je pensais que, puisque les poissons mangent des poissons, le poisson nageur devait ressembler à un poisson qui nage. Si possible. Et être d'une taille appétisssante.
Test dans un beau courant sur la Moselle. Les aspes et les chevesnes sont en chasse, les poissonoux sautent dans tous les sens. Pendant une heure, je balance mes leurres au milieu du fastfood, pas une touche. J'essaye toute ma collection, je remotive les troupes, rien n'y fait.
Mes potes de spot arrivent. Alors ? Nada je réponds.
Bob regarde mon leurre. Essaie un plus petit, jaune ou firetiger. Mais j'ai pas plus petit ! Il se penche sur ma boîte. Ils sont trop gros tes Pn, les couleurs sont classe, mais il manque des trucs qui flashent. A mon avis, tu les choisis trop en fonction de tes propres goûts, pas en fonction de ceux du poisson.
S'il y a un truc que je supporte pas, c'est bien qu'on me psychanalyse. J'ai encaissé la critique comme un coup de katana dans mon amour propre.
J'ai regardé ma boîte. C'est vrai que j'en ai que des grands, en coloris naturels, des jointed en grande majorité.
Mais c'est ça j'ai dit le goût des poissons. D'ailleurs, je ne vois pas qu'est ce qui pourrait me plaire qui soit grande, qui ondule et qui s'habille classe. Non, sérieux, je vois vraiment pas...
Bob a rigolé et m'a expliqué les notions d'imitatif et d'incitatif. Tu piges ?
Oui, maintenant je comprend pourquoi ma sirène me mord même quand je suis pas déguisé en sushi.

lundi 1 septembre 2008

Big leurre, big fish : la preuve

Perche de 1,2 m capturée avec un leurre de 80 cm !
Et tu crois tout ce que tu lis sur internet, toi ?