En 5 ans, j'ai appris le Code de la mer, les noeuds, le kung-fu, le point de croix, changer les bougies, les départements et leur préfecture, les pays de l'Union Européenne et leur capitale, vas-y demande tu vas voir, l'anglais, et j'ai même commencé le japonais. C'est sur les kanji que j'ai buté. Sur les sandres aussi.
Manque de concentration, je crois.
La mauvaise conscience aussi. En lochant les vifs, je me suis souvent demandé, si c'était moi qui servait d'appât, où on me le planterait ce putain de triple. J'ai pas trouvé la réponse, mais elle me glace le sang quand-même.
Mais ce qui m'a vraiment fait abandonner la pêche statique, c'est le matos. J'ai arrété entre les détecteurs et la combi camo holographique, juste avant que mon poste de pêche ne ressemble à un camp d'entraînement d'Al Qaîda. Le dimanche, au bord de l'eau, j'aime pas être survolé par des drones.
Donc je passe aux leurres sans trop d'état d'âme.
Chez le détaillant, devant le présentoir des poissons nageurs, j'admire les petites merveilles sans arriver à me décider. J'en ai budgetté deux mais si j'en prenais une dizaine, je pourrais faire un mobile d'enfer dans la salle de bain. Au dessus de la baignoire.
Le vendeur me demande si, Monsieur, je peux vous aider. J'aime bien le bleu avec des écailles. Bon choix, il me répond, c'est un jerkbait suspending, on peut l'animer en stop and go, et même en walking the dog, entrecoupé de petits twitch, de short jerk ou de slide. Mais on a aussi des crankbaits et des topwater...
Et là je me suis dit que, putain, j'avais bien fait d'apprendre l'anglais.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire